Pourquoi il faut passer votre iPhone 3G en 2.0.2
Jeudi 28 août 2008Après quelques semaines d’absence je suis de retour sur ce blog, et on reprend tout de suite sur les chapeaux de roue avec un billet plutôt technique !
Quel est le fin mot de l’histoire sur les problèmes de connectivité 3G du nouvel iPhone ?
Déjà pour ceux qui ont suivi l’actualité des derniers jours : je ne parle pas du bridage volontaire de la vitesse effectué en France par Orange. Là dessus, il y a tellement à dire que je le réserve pour un prochain billet…
Dès la sortie de l’iPhone 3G aux USA, le 11 juillet, de nombreux utilisateurs se sont plaints de problèmes de communications sans cesse coupées et de mauvaise réception générale sur le réseau 3G d’AT&T.
Les commentateurs ont d’abord craint un problème matériel sur l’iPhone 3G (on a incriminé la sensibilité de son antenne, puis sa puce 3G fournie par Infineon). Le tout devant nécessiter un rappel général des appareils vendus, avec à la clé une petite catastrophe financière et d’image pour Apple…
Heureusement, les analystes s’étaient trompés : il y a 2 semaines, Steve Jobs répondait personnellement au mail d’un client qui exigeait des explications, et a annoncé une mise à jour logicielle prochaine qui devait améliorer les choses.
Cette mise à jour sortie le 18 août est la 2.0.2.
Comme à son habitude, Apple s’est contenté de préciser qu’elle « améliore la communication de l’appareil avec les réseaux 3G », sans plus de détails.
Elle a été pourtant fraîchement accueillie par beaucoup de gens, ne réglant pas, voire même aggravant les coupures d’appels chez certains.
Aujourd’hui, une source chez AT&T explique pourquoi la résolution du problème ne peut être que collective.
Une mauvaise gestion de la puissance de transmission par l’iPhone 3G
Avant la version 2.0.2, l’iPhone mettait littéralement à genoux les stations de base UMTS (les « tours » des opérateurs), en exigeant d’elles une puissance de transmission bien plus élevée que ce qui était vraiment nécessaire pour maintenir un appel ou réaliser un transfert de données à un débit donné.
Au fur et à mesure que le nombre d’iPhone présents dans la zone augmentait, la station arrivait tout bonnement à court d’énergie et ne pouvait satisfaire la demande !
Le tout était encore aggravé par un cercle vicieux : une puissance de transmission inutilement élevée augmente le bruit sur les fréquences avoisinantes (et donc les interférences pour les autres terminaux), incitant encore la station à émettre plus fort pour maintenir un rapport signal/bruit acceptable.
Ce phénomène a eu des conséquences à la fois sur :
- la fiabilité des appels voix : l’iPhone 3G abandonnait la partie beaucoup trop tôt dès qu’il voyait que la station de base ne pouvait pas lui fournir la puissance demandée : il raccrochait pour un rien !
- la vitesse des transferts de données : les plus hauts débits UMTS/HSDPA nécessitent une puissance de transmission plus élevée, que la station de base n’était pas en mesure de fournir.1
Conclusion : il faut que tous les iPhone 3G passent en 2.0.2 le plus vite possible
Voilà pourquoi les premières personnes ayant testé la 2.0.2 n’ont vu aucune résolution de leurs problèmes : l’amélioration ne peut être ressentie que quand l’immense majorité des utilisateurs aura fait la mise à jour, soulageant ainsi le réseau.
AT&T vient justement de faire une campagne par SMS en ce sens. Orange a peut-être d’autres chats à fouetter ces jours-ci pour penser à faire de même
- Gageons qu’Orange n’a pas trop dû souffrir de ce problème, vu le bridage à 384kbps qu’ils ont imposé… Enfin, à moins que le bridage ne se fasse qu’au niveau IP, en laissant active et non bridée toute la couche 3G+/HSDPA, et que celle-ci demande en permanence la même puissance sans s’adapter dynamiquement au débit. Je ne suis pas spécialiste, mais s’il y en a un dans la salle ça m’intéresse. [↩]





