Cocorico : Justice – DVNO
Samedi 1 mars 2008En France, on se plaint toujours du manque de rayonnement de nos artistes sur la scène internationale (pas que de nos artistes, d’ailleurs, l’autoflagellation est un sport national… )
Il faut dire que pendant longtemps, pour ce qui est de la musique populaire, c’était parfaitement justifié, et la presse anglaise par exemple avait largement matière à se foutre de nous et ne se privait pas. « Si vous trouvez un bon musicien français, c’est qu’il est belge », disaient-ils
C’est sûr que c’est pas avec les groupes de rock français qu’on allait changer la face du monde, entre les Téléphone qui faisaient du Stones pour boums de lycéens, et la génération d’avant, les Johnny ou Eddy qui faisaient du doublage VF d’Elvis soupifié, sur fond de rêve américain pour gens qui n’y mettront jamais les pieds.
Ne parlons pas non plus des groupes pop français des années 80 (Isabelle a les yeux bleus
). Quoique à la limite, y avait un peu plus de grain de folie créative de ce côté (même si c’était souvent de mauvais goût).
Non, là où ça a commencé à moins rigoler sur nous, c’est à la fin des 90’s, quand la musique électronique devient l’endroit où toute la prolifération artistique intéressante se passe dans le monde.
Evidemment, Daft Punk, Air, Bob Sinclar (de l’époque) ne sont pas tout de suite prophètes dans leur pays, au public et à la critique souvent déprimants de méfiance et de conformisme (le signe que l’art est embourbé, en général) : c’est l’époque où Rock’n'Folk écrit encore, « vous voyez n’empêche, ces types de Prodigy ont besoin de sons qui ressemblent à des guitares pour nous vendre leur camelote ». Ca faisait quelque temps déjà que le reste du monde avait dépassé ce débat stérile…
Le succès finit par arriver chez nous, puis la French Touch 1.0 s’essoufle et se répète, et la musique à base électronique se banalise et devient la nouvelle pop (Madonna, Britney Spears, Justin Timberlake…), comme la pop des Beatles était jadis à base de rock.
Et puis vers 2006, nouvelle vague, nouvelle génération, French Touch 2.0, nouveau foisonnement créatif.
Justice en fer de lance, et une ribambelle de jeunes producteurs biberonnés au Myspace, au mp3, au sample, à Ableton Live, et aux blogs. Là où on reconnait que c’est un vrai mouvement artistique complet, c’est parce qu’il recouvre plusieurs disciplines : ici non seulement la musique, mais aussi le graphisme avec bien sûr So Me, et même la mode avec une street culture des t-shirts et sneakers, qui gravite autour de quelques marques et magasins connus.
J’écris ce billet aujourd’hui, car la dernière oeuvre made in So Me est arrivée, et je crois qu’on peut dire chef-d’oeuvre, c’est pas galvaudé vu le nombre d’idées de génie à la seconde et de sens de l’esthétique. C’est le nouveau clip de Justice, DVNO:
Et voilà, comme quoi quand on fait du bon et de l’original, ça s’exporte et bien :
Merci les gars, grâce à vous (et à Pedro ! ), Paris redevient (un peu) le centre du monde.
On devrait tous être fiers de vous et envoyer votre bio à Time Magazine pour qu’ils s’instruisent un peu :)






[...] Vu chez Renaud, mon copain du forum [...]
Le clip est vraiment excellant bravo encore a SO.ME qui en quelques mois est devenu très connu grâce a 3 clips et toutes les pochettes de Ed Banger.