Velib… c’est quand que ça marche ?
Jeudi 18 octobre 2007En ce jour ensoleillé de grève des transports, j’avais un banal parcours Reuilly-Diderot/République à faire dans Paris. Ma mission : être là-bas à 11h30, ce qui veut dire d’habitude un petit quart d’heure de ligne 8.
Aujourd’hui ça ne va pas être possible comme ça, ça va sans dire : il n’y a en gros que la 14 qui marche, pour cause d’automatisation. La voiture ? Déjà en temps normal pour se garer à République, on oublie, alors là, je ne suis pas suicidaire
Solution : le Velib’ bien sûr ! L’arme secrète du parisien qui s’attendait depuis longtemps à la dégainer dès la prochaine grève, en ricanant « vous voyez, j’arrive à bouger quand même malgré vous ! » en passant devant les stands merguez CGT/LO qui parsèment le boulevard Voltaire.
Ouais, ben non… Récit de mon parcours épique ce midi :
- 1ère station rue Faidherbe : super, y a des vélos! Comme j’ai pas d’abonnement ni encore de Navigo, je demande un ticket 1 journée, la borne me répond « ah ben non, veuillez-nous excuser blabla mais y a plus de ticket ». Pas de bol hein… « voulez-vous voir les stations à proximité? ». Oui mais… sur la carte il en manque la moitié il me semble. Bon, je continue…
- 2e station, pas de vélos.
- 3e station, 4 vélos dont 2 en bon état apparent mais bloqués par un énigmatique voyant rouge, un vraiment crevé (mais avec une lumière verte évidemment hein…) et un autre convoité par une dame qui se fait apparemment refuser sa carte bleue. Vu la queue derrière, je passe mon tour…
- 4e station, boulevard Richard Lenoir, j’arrive à prendre un vélo du premier coup !!! J’ai un ticket sans aucun problème, là encore il y a 2 vélos sur 3 qui ont le mortel voyant rouge alors qu’ils semblent nickel, mais pas grave je prends le 3e qui est en vert! Je fais 100m à pieds avec pour aller du bon côté de la voie, je pédale, et là c’est le drame : c’est dans le vide, le vélo n’a plus de chaîne.
- 5e station, je repose mon vélo sans chaîne. Je n’ai aucun moyen de signaler qu’il a un problème sauf appeler leur centre d’appel archi saturé. Paraît qu’il y a des capteurs automatiques, ben ils doivent pas marcher …
- 6e station… y en a pas, je viens d’arriver à République après 45 minutes de marche et d’espoirs déçus
Le retour est pas mal non plus :
- Je tombe sur une station que j’avais pas vue à l’aller, toujours Boulevard Richard Lenoir, complètement vide et pour cause : tous les emplacements ont le cache rouge qu’on voit souvent, et qui est si rageant quand on a besoin de reposer son vélo et qu’on arrive à une station apparemment gigantesque, mais dont la moitié des emplacements sont désactivés.
- 2e station, génial, au moins 4-5 vélos ! J’arrive à la borne : l’écran est noir des 2 cotés, y a pas de courant… Restons Zen.
- 3e station : file de 5 personnes pour 5 vélos, mais ils n’ont pas encore vu les pauvres qu’il y en a 2 inexplicablement en rouge et 1 autre crevé mais en vert… next.
- 4e station : c’est celle où il n’y avait plus de ticket tout à l’heure, rue Faidherbe ! Une jeune fille est en train de prendre un abonnement 1 jour sur son passe Navigo (pas besoin de ticket donc). Un employé de chez JCDecaux arrive juste à ce moment à vélo (autre chose qu’un Velib d’ailleurs, très classe
) pour recharger la machine en tickets.
Il interrompt quelques instants la jeune fille, installe les tickets, et prépare la suite de son intervention en sortant une énorme souris USB (vive Windows inside
). Il laisse quand même la demoiselle finir sa location : pas de bol justement, sa transaction CB est refusée. Le gars ne sait pas quoi faire : « vous n’avez peut-etre pas 150€ sur votre compte pour la caution? Y a aussi certaines cartes qui marchent pas… » « Mais si, ça fait plein de fois que je prends un Velib avec ma carte, et y a ce qu’il faut sur le compte… faut que j’aille en cours là je fais comment moi ?? ». - Je suis maintenant à 500m de chez moi, je décide donc d’en rester là et de finir à pied.
Tout ça serait anecdotique si je n’avais pas eu des problèmes à chaque fois que j’ai voulu utiliser Velib depuis juillet.
La première fois c’était le grand classique de cet été « je tourne pendant 1h30 pour rendre mon vélo près de chez moi, les bornes ne savent pas si y a de la place sur leurs voisines, la moitié des emplacements ont un cache rouge sur la prise, je dois faire la queue pour me rajouter 15 min gratis à chaque tentative, et au final je suis quand même facturé de 6€ au lieu d’1″.
La seconde fois j’ai vu un écran bleu Windows. La seconde fois et demi (2e tentative ailleurs), le PC à l’intérieur carrément en train de redémarrer, avec affichage du BIOS, démarrage de Windows, écran de login, et enfin lancement automatique de l’application et connexion au réseau Velib par GPRS (facile 5 bonnes minutes en tout). C’est cool, mais ça avait pas l’air de passionner la dame devant moi, et moi j’avais plus envie de faire du vélo que d’apprendre un truc sur l’architecture informatique de Velib…
La troisième fois j’ai eu un problème de transaction carte refusée, et à la station suivante ça a marché, mais impossible de sortir mon vélo qui s’est rebloqué immédiatement : la borne elle, croyait que je l’avais sorti et ne voulait pas me laisser en prendre un autre ! Appel de l’assistance depuis la borne : j’entends des bruits de GSM et … rien au bout du fil. Heureusement, la borne finit par voir que le vélo est toujours là.
Et donc cette fois-ci, la quatrième, un jour de grève certes mais bon…
On a beaucoup loué les équipes informatiques de JCDecaux pour ce projet réalisé en 4 mois. C’est un délai en effet incroyable, le problème c’est que nous sommes 3 mois après le lancement, et l’expérience utilisateur moyenne est encore loin d’être très « smooth« . Certains problèmes de fiabilité logicielle paraissent quand même assez énormes. Des bons gros bugs qui tâchent dont on devine un peu la provenance quand on est programmeur.
Je n’oserai avancer que c’est lié à la plate-forme informatique choisie (Windows / .NET pour une application embarquée avec interfaçage hardware complexe, au lieu de Linux, fallait oser…), mais certains n’hésitent plus à le dire, et en fait je plains les programmeurs de Velib’ qui doivent réussir à faire une application propre et fiable sur une plateforme faite à l’origine… pour la bureautique, sans vouloir polémiquer






C’est souvent le cas pour les systèmes de location ou d’achat de billets dans les bornes. « windows embedded »
ouai c’est leur serveur
c’est de la daube, dés qu’il ya une forte utilisation sa sature, puis sa reboot et coupe tout les systemes
Ah ouais, je me souviens avec emotion de notre ballade nocturne ou l’on pestait contre le couple de touristes qui galerait devant nous… on a pas vraiment fait plus rapidement
Les bornes publiques ont l’air de deconner de plus en plus souvent: le mois dernier j’ai eu droit a des reboots ou des messages d’erreur (de Windows, le systeme embarque) dans un musee (pour la video du hall d’acceuil projetee sur un mur, la classe) et dans un aeroport (et une borne de « quick » check-in en moins).