DRM: les langues se délient
Jeudi 15 février 2007Denis Olivennes, président de la FNAC, ne peut guère être soupçonné d’être un révolutionnaire voulant la perte de l’industrie du disque : on se souvient il y a un an de son appel au sursaut contre la licence globale pendant les débats de DADVSI, et il sort bientôt un livre qui s’intitule «La gratuité, c’est le vol»
Pourtant dans une interview à Libération datée d’hier, il affirme sans détour : «L’industrie musicale doit faire une croix sur les DRM». Ca a le mérite de la clarté… mais c’est pas tout.
Plus précisément, la citation est : «elle doit ou bien rendre compatible vite ses systèmes de protection ou bien faire une croix sur les DRM.» J’ai expliqué dans un billet précédent pourquoi la première solution est par nature bancale (un DRM étant un système d’incompatibilité artificielle), il ne reste donc que la 2e.
Denis Olivennes continue avec des chiffres intéressants : Si vous prenez nos premiers titres vendus au format mp3, le groupe Aaron en novembre, nous avons multiplié par deux leurs ventes dans la première semaine de commercialisation par rapport à la précédente où ils étaient uniquement disponibles sous le format WMA, le DRM de Microsoft. Grâce à notre accord avec les indépendants, nous proposons déjà plus de 170 000 titres sans DRM sur FnacMusic avec un objectif de 200 000 à la fin février et le poids commercial de ce catalogue a doublé dans notre chiffre d’affaires. Globalement, les gens achètent deux fois plus de musique en ligne si elle est sans DRM !
Voilà qui devrait convaincre le SNEP, qui a déclaré au MIDEM il y a quelques semaines “attendre de voir” les résultats des expérimentations de FNAC et Virgin sans DRMs, pour prendre une position là-dessus.
Olivennes continue avec un raisonnement qui me fait personnellement plaisir à entendre tellement je l’ai rabâché
: Les verrous numériques des DRM sont aujourd’hui une incitation au piratage, rendant paradoxalement la musique plus difficile à acheter qu’à télécharger sur les réseaux P2P ! Il faut que l’achat soit au moins aussi pratique que le piratage !
Et il assène carrément : Depuis des années, les majors campent sur des positions myopes et courtermistes, en sous-estimant d’abord les nouveaux modes de consommation de la musique via le téléchargement et en refusant de comprendre que leurs positions inflexibles les ont amené dans le mur. Résultat, cela conduit à ce que soit aujourd’hui les solutions qui leur sont les moins favorables qui s’imposent. On ne peut pas se plaindre des effets de sa propre myopie !
J’imagine l’ambiance dans les prochaines réunions avec ses fournisseurs … ![]()






Commentaires récents